La boulimie dans tous ces états

 

La boulimie est toujours vécue comme un « tsunami » intérieur contre lequel on ne peut pas lutter. Elle peut durer des années comme n’apparaître que dans les moments de la vie où l’on se sent plus vulnérable. Dans un cas comme dans l’autre elle est envahissante et inquiétante.

 

 

Que l'on fasse beaucoup de crises ou pas, que l’on se fasse vomir ou pas, on est prisonnié d'une idée fixe et, en dehors des heures de travail, des heures de cours où l’on se sent à peu près à sa place (ce n’est pas le cas pour tout le monde) on regarde défiler sa vie sans se sentir concerné. 

 

 

Tout demande une énergie folle : se contrôler pour ne pas craquer, trouver des prétextes pour aller manger, attendre la nuit pour faire des crises dans la clandestinité mais aussi écouter les autres, répondre ou non à leur demande, essayer de vivre à peu près normalement.

 

Lorsque la boulimie dure des dizaines d'années, le corps souffre de différentes façons. Les régimes « yoyo », les variations importantes et rapides du poids, sont épuisants. vPour les personnes qui se font vomir très souvent, le corps peut être carencé au point de mettre en danger les processus vitaux, comme dans les cas les plus sérieux de l'anorexie1.

 

La manière dont chacun vit la boulimie peut être très différente selon les personnes. Certaines souffrent plus que d’autres. Certaines n’en sont victimes que pendant quelques mois seulement. Mais que l’on souffre beaucoup où que l’on ne souffre pas tellement, que la boulimie dure des mois ou des années, au moment où elle est là on se sent dépassé par un problème qu’on ne maîtrise pas, dont on a absolument besoin de se débarrasser très vite pour lequel on aimerait bien être aidé.

 

Témoignage:

 

Je garde aussi en mémoire le récit d'une jeune femme, enseignante, gravement blessée après un accident de moto. La perte d'un œil, de nombreuses fractures, l'ont immobilisée à l'hôpital pendant plusieurs mois. Tandis qu'elle me faisait le récit de cette histoire elle ne semblait pas très affectée par la perte de son œil.

 

À ma grande surprise elle se réjouissait de son immobilisation forcée. Un tuyau dans la gorge la mettait dans l'impossibilité de faire des boulimies. Elle se réjouissait d'avoir perdu ainsi beaucoup de poids. Avant son accident elle n'était pas grosse mais après son hospitalisation, bien qu’ayant perdu un œil, elle me dit que jamais elle ne s'était sentie aussi belle et aussi heureuse qu'à cette période-là.

 

 

Article provenant du site BOULIMIE.FR



22/11/2011
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